Certificats d'économie d'énergie (CEE) : tout comprendre pour en profiter
Qu'est-ce qu'un certificat d'économie d'énergie (CEE) ? Principe, travaux éligibles, fournisseurs obligés et démarches expliqués pour les particuliers en 2026.


Les certificats d'économie d'énergie (CEE) sont une aide financière imposée par l'État aux fournisseurs d'énergie, qui doivent financer vos travaux de rénovation énergétique. Créé par la loi POPE de 2005, ce dispositif oblige les vendeurs d'électricité, de gaz, de fioul et de carburants : appelés « obligés » : à promouvoir l'efficacité énergétique auprès des ménages et des entreprises. Le montant de la prime varie selon le fournisseur, les travaux réalisés et les économies d'énergie estimées. Ce guide détaille le mécanisme, les opérations éligibles et le parcours à suivre pour obtenir votre prime, sans tomber dans les pièges les plus courants.
En bref
- Le dispositif CEE impose aux fournisseurs d'énergie de financer vos travaux d'économies d'énergie : la prime est accessible sans condition de ressources
- L'accord écrit du fournisseur ou du délégataire doit impérativement précéder toute signature de devis : aucun rattrapage possible après engagement
- Les CEE se cumulent avec MaPrimeRénov', la TVA à 5,5 % et l'éco-PTZ sans plafonnement croisé
- Les montants varient selon les fournisseurs et les fiches d'opérations standardisées : comparez systématiquement plusieurs offres avant de vous engager
Qu'est-ce qu'un certificat d'économie d'énergie (CEE) ?
Le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE) repose sur un mécanisme simple : les fournisseurs d'énergie : électricité, gaz, fioul, carburants : sont tenus par la loi de financer des actions d'efficacité énergétique. Instauré par la loi POPE du 13 juillet 2005, le dispositif en est à sa 5ᵉ période d'obligation (2022-2025), prolongée jusqu'au 31 décembre 2026 dans l'attente de la publication de la 6ᵉ période (ministère de la Transition écologique, 2025).
Concrètement, ces « obligés » doivent collecter un volume défini de CEE, proportionnel à leurs ventes d'énergie. Chaque CEE correspond à 1 kWh cumac (kilowattheure cumulé actualisé) d'énergie finale économisée sur la durée de vie de l'équipement installé. Pour remplir leur obligation, les fournisseurs peuvent soit financer directement des travaux chez les particuliers et les entreprises, soit acheter des CEE sur le marché à d'autres acteurs ayant réalisé des économies.
Le particulier ne manipule jamais directement de certificat : il bénéficie d'une prime énergie (virement, bon d'achat, ou prêt bonifié) en échange de la cession des CEE générés par ses travaux au fournisseur ou à son délégataire. Le service-public.fr précise que cette prime est accessible à tous les ménages, sans condition de ressources, pour les logements achevés depuis plus de deux ans (service-public.fr, 2025). Le montant dépend des kWh cumac économisés, eux-mêmes calculés selon des fiches d'opérations standardisées publiées par arrêté ministériel.
Le principe des « obligés » : qui finance réellement vos travaux ?
Les obligés sont les sociétés qui vendent de l'énergie aux consommateurs finaux : EDF, Engie, TotalEnergies, mais aussi les distributeurs de fioul domestique, les réseaux de stations-service et les fournisseurs alternatifs comme ekWateur ou Planète OUI. La liste complète est tenue par la DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat).
Ces obligés peuvent déléguer tout ou partie de leur obligation à des délégataires : structures spécialisées (Hellio, Effy, Sonergia…) qui collectent les CEE pour leur compte. Pour le particulier, la distinction est transparente : il perçoit la prime de l'entité qui a financé son projet, qu'il s'agisse d'un fournisseur historique ou d'un délégataire. La concurrence entre obligés et délégataires joue en faveur du consommateur : les montants de prime varient, parfois du simple au double pour une même opération. Comparer plusieurs offres avant de signer reste la règle d'or.
Les grandes catégories de certificats CEE (ménages, copropriété, collectivités)
Le dispositif CEE couvre trois grands périmètres, chacun avec des fiches d'opérations spécifiques. Le secteur résidentiel (ménages) concentre l'essentiel des primes : isolation, chauffage, ventilation, régulation. Le secteur tertiaire (entreprises, commerces, bureaux) bénéficie de fiches dédiées pour les mêmes catégories de travaux, avec des exigences techniques parfois différentes. Enfin, des fiches spécifiques existent pour les copropriétés, les collectivités territoriales et le secteur agricole.
Depuis 2021, le dispositif « Coup de pouce » bonifie les primes pour certaines opérations prioritaires : isolation de combles et planchers bas, remplacement d'une chaudière fioul par une pompe à chaleur, rénovation globale. Ces bonifications sont reconduites en 2026. À noter que les certificats d'économie d'énergie pour les entreprises suivent les mêmes règles de base que pour les ménages, mais les fiches applicables diffèrent selon le secteur d'activité et la nature des équipements visés.
Quels travaux sont éligibles aux CEE ?
Pour ouvrir droit aux CEE, les travaux doivent correspondre à une opération standardisée définie par arrêté. Chaque fiche précise les critères techniques à respecter : type d'équipement, performance minimale, conditions de mise en œuvre. L'installateur doit être titulaire du label RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) pour les travaux en maison individuelle ou en appartement.
Le champ couvert est large. Isolation des combles, murs et planchers : la résistance thermique R minimale exigée est de 7 m².K/W pour les combles perdus (fiche BAR-EN-101) et de 3,7 m².K/W pour l'isolation des murs par l'intérieur (fiche BAR-EN-102). Chauffage : pompes à chaleur air/eau, chaudières biomasse, systèmes solaires combinés. Ventilation : VMC simple flux hygroréglable, VMC double flux. Menuiseries : fenêtres et portes-fenêtres avec un coefficient de transmission thermique Uw ≤ 1,3 W/m².K et un facteur solaire Sw ≥ 0,3. Chaque opération standardisée ouvre droit à un volume forfaitaire de kWh cumac, indépendant du montant réel des travaux.
💡 À noter : les travaux éligibles aux CEE bénéficient également de la TVA à taux réduit de 5,5 %, cumulable avec la prime énergie (Leroy Merlin, 2021). Ce taux s'applique à la main-d'œuvre comme aux matériaux, à condition que le professionnel facture directement le client final.
Isolation : combles, murs et planchers
L'isolation thermique représente le plus gros gisement d'économies d'énergie dans le résidentiel. Les CEE couvrent l'isolation des combles perdus (soufflage de laine minérale, épandage de ouate de cellulose), des combles aménagés (isolation sous rampants), des murs par l'extérieur (ITE) et par l'intérieur (ITI), ainsi que des planchers bas sur vide sanitaire ou local non chauffé.
Pour bénéficier des CEE en isolation, le chantier doit atteindre un niveau de performance défini par les textes. Par exemple, l'isolation des combles perdus exige une résistance thermique R ≥ 7 m².K/W après travaux. Le choix du mode d'isolation des combles en 2026 détermine le volume de CEE généré. À titre indicatif, l'isolation de 100 m² de combles perdus peut générer une prime CEE de l'ordre de 200 à 500 € selon le fournisseur et la zone climatique (H1, H2 ou H3).
Chauffage et équipements : pompe à chaleur, chaudière
Les équipements de chauffage éligibles incluent les pompes à chaleur air/eau, les chaudières biomasse (granulés, bûches), les systèmes solaires combinés et les raccordements à un réseau de chaleur. La fiche BAR-TH-104 pour les pompes à chaleur air/eau exige un coefficient de performance saisonnier (SCOP) minimal de 4,0 pour bénéficier de la prime de base, et de 4,3 pour la bonification « Coup de pouce chauffage ».
Les chaudières gaz à condensation sont exclues des CEE depuis le 1ᵉʳ janvier 2022. Le remplacement d'une chaudière fioul par une pompe à chaleur bénéficie en revanche de bonifications substantielles dans le cadre du dispositif « Coup de pouce ». Les montants cumulés : CEE + MaPrimeRénov' : peuvent couvrir jusqu'à 70 à 80 % du coût total pour les ménages aux revenus modestes. Le détail des aides disponibles est présenté dans notre guide sur la prime pompe à chaleur 2026.
CEE Rénovation globale : réduire de moitié la consommation énergétique
La fiche « CEE Rénovation globale » (BAR-TH-173) cible les projets ambitieux. L'objectif affiché : réduire d'au moins 50 % la consommation énergétique conventionnelle du logement après travaux (Velux, mai 2024). Cette fiche s'adresse aux propriétaires qui engagent un bouquet de travaux coordonnés : isolation de l'enveloppe, changement du système de chauffage, ventilation performante : plutôt qu'une opération isolée.
Le volume de CEE délivré est proportionnel à l'ampleur des économies réalisées, mesurées par la différence entre les consommations conventionnelles avant et après travaux. Un audit énergétique préalable, réalisé par un professionnel qualifié, est obligatoire pour définir le programme de travaux et justifier l'atteinte du seuil de 50 %. Cette approche globale est également éligible à MaPrimeRénov' parcours accompagné, ce qui permet de cumuler les deux aides sur un même projet.
Comment obtenir des Certificats d'économie d'énergie : les étapes clés
Obtenir des certificats d'économie d'énergie suit une procédure rigoureuse en cinq étapes. L'ordre des opérations est déterminant : toute erreur de chronologie peut entraîner un refus définitif du dossier. Voici le parcours à respecter scrupuleusement.
Identifier un obligé ou un délégataire : chaque fournisseur d'énergie et délégataire propose ses propres conditions de prime. Consultez les offres de plusieurs acteurs, les montants varient sensiblement pour une même opération. Le simulateur officiel mission-transition-ecologique.beta.gouv.fr donne un premier repère.
Obtenir un devis et faire valider l'opération AVANT signature : c'est l'étape critique. Le professionnel RGE établit un devis détaillé ; vous le soumettez au fournisseur d'énergie ou au délégataire, qui valide l'éligibilité et le montant de la prime. Cette validation doit être formelle : un simple échange téléphonique ne suffit pas. L'accord écrit est indispensable.
Signer le devis et réaliser les travaux : une fois l'accord obtenu, les travaux peuvent commencer. L'installateur RGE atteste de la conformité du chantier aux critères de la fiche CEE concernée.
Transmettre les justificatifs : facture acquittée, attestation sur l'honneur, certificat RGE de l'installateur, et tout document réclamé par l'obligé. Ces pièces sont à envoyer dans le délai imparti (généralement 6 mois après la fin des travaux).
Recevoir la prime : le versement intervient sous 2 à 4 mois après validation du dossier complet, par virement bancaire, chèque, bon d'achat ou éco-prêt bonifié selon les conditions de l'offre souscrite.
⚠️ Attention : ne signez jamais un devis et ne commencez jamais les travaux avant d'avoir reçu l'accord écrit du fournisseur d'énergie ou du délégataire. Toute opération engagée sans validation préalable entraîne la perte définitive du droit aux CEE.
Choisir entre fournisseur d'énergie direct et délégataire CEE
Deux canaux s'offrent au particulier. Le fournisseur d'énergie direct (EDF, Engie, TotalEnergies…) : l'offre CEE est souvent couplée à un contrat de fourniture, mais la loi interdit de subordonner l'octroi de la prime à la souscription d'un contrat. Le délégataire (Hellio, Effy, Sonergia, etc.) : acteur indépendant, il collecte les CEE pour le compte d'obligés et propose des primes souvent plus élevées.
Les délégataires opèrent majoritairement en ligne, avec une interface de suivi du dossier. Leur réactivité et le montant des primes sont leurs principaux atouts. En revanche, certains pratiquent le démarchage commercial agressif. Vérifiez systématiquement que le délégataire figure bien sur la liste officielle des délégataires habilités, publiée par le ministère de la Transition écologique. Le guide dédié sur comment obtenir votre prime énergie CEE détaille les critères de choix entre ces deux canaux.
Les documents à préparer pour votre dossier CEE
Le dossier CEE exige un minimum de pièces. L'attestation sur l'honneur (formulaire Cerfa ou formulaire propre à l'obligé) certifie que les travaux ont bien été réalisés dans le logement déclaré et que le demandeur cède les CEE générés. La facture acquittée de l'installateur RGE mentionne la nature des travaux, les matériaux posés et leurs caractéristiques techniques. Le certificat RGE Qualibat, Qualifelec ou Qualit'EnR de l'entreprise atteste sa qualification.
Pour certaines opérations : isolation de combles, ITE, pompes à chaleur : des photos du chantier avant, pendant et après travaux peuvent être exigées. Conservez également tout échange écrit avec le fournisseur ou le délégataire. Un dossier incomplet est la deuxième cause de rejet après les travaux engagés sans accord préalable.
Cas pratique : isolation des combles et CEE : ce que ça change sur votre facture
Un projet réel permet de mesurer l'impact concret des CEE sur le budget d'une rénovation. Ce scénario est construit à partir des données disponibles ; les montants de prime sont donnés à titre indicatif.
Prenons le cas d'un propriétaire en maison individuelle de 100 m², zone climatique H2, combles perdus non isolés. Le devis d'isolation par soufflage de laine de verre (R = 7 m².K/W) s'élève à 2 200 € TTC, main-d'œuvre comprise.
Sans aides, la facture reste à 2 200 €. Avec les dispositifs cumulés, le calcul change radicalement :
- TVA à 5,5 % au lieu de 20 % : économie immédiate de 320 € environ (Leroy Merlin, 2021).
- Prime CEE (fiche BAR-EN-101) : entre 200 et 500 € selon le fournisseur et ses conditions commerciales.
- MaPrimeRénov' : le barème 2025 pour l'isolation de combles perdus prévoit 7 €/m² pour les ménages aux revenus intermédiaires, soit 700 € pour 100 m². Ce barème peut évoluer en 2026 dans un contexte budgétaire particulier ; anticiper son projet est conseillé (Velux, 2026).
Le reste à charge après cumul des aides se situe dans une fourchette de 680 à 980 €, contre 2 200 € hors dispositifs. Le taux d'effort est réduit de 55 à 70 %.
Ce cas illustre un principe simple : plus le bouquet de travaux est cohérent, plus les aides se complètent. Le poste isolation, souvent le plus accessible techniquement, constitue la porte d'entrée idéale dans le dispositif CEE. Pour les ménages envisageant également de changer leur système de chauffage, le cumul isolation + pompe à chaleur maximise le volume de CEE et les primes MaPrimeRénov'.
L'erreur courante qui vous fait perdre vos CEE
La première cause de refus des dossiers CEE n'est pas un document manquant ou un installateur non qualifié. C'est une erreur de chronologie que des milliers de particuliers commettent chaque année.
Le mécanisme est simple : un propriétaire contacte un artisan, reçoit un devis qu'il juge acceptable, le signe et lance les travaux. Il découvre ensuite l'existence des CEE et tente de déposer un dossier. Refus systématique. Le règlement du dispositif est formel : l'accord du fournisseur d'énergie ou du délégataire doit être obtenu avant toute signature de devis ou commencement de chantier. Aucune exception, aucun recours possible. La prime est définitivement perdue.
La justification réglementaire tient au principe même du dispositif : les CEE récompensent un comportement vertueux incité par l'obligé, pas un projet déjà engagé. Le fournisseur doit pouvoir attester qu'il a joué un rôle déclencheur dans la décision de réaliser les travaux.
⚠️ Attention : la date qui fait foi est celle de la validation de l'offre de prime par l'obligé, pas la date d'envoi du dossier. Un devis signé le 10 mars et une demande de prime envoyée le 9 mars ne suffisent pas si l'obligé accuse réception le 11 mars. L'accord écrit doit précéder tout engagement contractuel avec l'installateur.
Commencer les travaux avant validation : une erreur irréversible
Le piège est redoutable car contre-intuitif. Dans l'esprit de la plupart des ménages, les aides se demandent après les travaux, sur présentation des factures. Les CEE inversent cette logique. La signature du devis d'installation constitue un engagement juridique qui rend le projet inéligible si elle survient avant l'accord de l'obligé.
Certains installateurs, par méconnaissance ou par habitude, proposent de « s'occuper des papiers CEE après le chantier ». Cette promesse est sans valeur : une fois le devis signé, le droit à la prime est éteint. Le professionnel RGE doit être informé en amont que le projet passe par le dispositif CEE, et le devis doit rester en attente de validation jusqu'à réception de l'accord écrit. Cette précaution peut sembler formelle ; elle conditionne pourtant l'intégralité de la prime.
Comment repérer une offre CEE fiable
Le marché des CEE a attiré des acteurs peu scrupuleux. Démarchage téléphonique agressif, offres trop belles pour être honnêtes (prime supérieure au coût des travaux), sites internet sans mentions légales : les signaux d'alerte sont connus. Une offre CEE fiable présente systématiquement un numéro de SIRET, une inscription au registre national des CEE (EMMY) et des conditions générales claires.
Vérifiez que l'interlocuteur figure sur la liste officielle des obligés ou délégataires publiée par le ministère de la Transition écologique (ecologie.gouv.fr). Méfiez-vous des sociétés qui exigent un paiement préalable pour « débloquer » une prime : le dispositif CEE n'impose jamais de frais de dossier au bénéficiaire. Enfin, ne communiquez jamais vos coordonnées bancaires par téléphone à un interlocuteur non identifié.
CEE et autres aides : comment les cumuler efficacement ?
Les CEE ne sont pas une aide isolée. Leur force réside dans la possibilité de les additionner à d'autres dispositifs, sous réserve de respecter quelques règles de non-plafonnement. Le cumul de base associe quatre leviers :
- CEE + MaPrimeRénov' : cumul intégral autorisé. Les deux aides portent sur le même projet, sans déduction de l'une sur l'autre, pour les ménages éligibles à MaPrimeRénov' (logement achevé depuis plus de 15 ans, sauf remplacement d'une chaudière fioul).
- TVA à 5,5 % : taux réduit applicable aux travaux de rénovation énergétique éligibles, cumulable avec l'ensemble des aides (Leroy Merlin, 2021).
- Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : prêt jusqu'à 50 000 € sur 20 ans, cumulable avec les CEE et MaPrimeRénov', sans condition de ressources.
- Aides des collectivités territoriales : certaines régions, départements ou communes proposent des subventions complémentaires, cumulables avec le dispositif national.
Le plafonnement intervient uniquement sur le cumul des aides publiques (MaPrimeRénov' + aides locales) : le total ne peut excéder le montant des travaux. Les CEE et l'éco-PTZ restent hors plafond.
Pour estimer vos droits avant d'engager un projet, le simulateur officiel mission-transition-ecologique.beta.gouv.fr agrège les principaux dispositifs. Une fois les travaux réalisés, suivre votre consommation électrique permet de mesurer concrètement les économies obtenues.
CEE pour les copropriétés et les collectivités territoriales
Les copropriétés bénéficient de fiches CEE spécifiques pour les travaux sur parties communes et équipements collectifs : isolation des planchers bas, calorifugeage des réseaux, régulation du chauffage collectif. La prime est versée au syndicat des copropriétaires, qui la répercute sur les charges. Le vote en assemblée générale est un prérequis.
Les collectivités territoriales sont éligibles aux CEE pour leurs bâtiments publics (écoles, mairies, équipements sportifs) et pour l'éclairage public. Une fiche spécifique (RES-EC-104) couvre la rénovation de l'éclairage extérieur, avec des exigences de performance et de réduction des nuisances lumineuses. Le certificat d'économie d'énergie collectivité territoriale suit la même logique que pour les ménages : dépôt du dossier avant engagement des travaux, réalisation par un professionnel qualifié, transmission des justificatifs.
Le cas des entreprises est plus vaste. Les CEE pour les entreprises couvrent aussi bien les bâtiments tertiaires (isolation, chaufferie, GTB) que les process industriels (moteurs performants, récupération de chaleur fatale, variateurs de vitesse). Les fiches concernées relèvent des secteurs agriculture (AGRI), industrie (IND) ou tertiaire (BAT).
Simulateurs officiels pour estimer vos aides
Le ministère de la Transition écologique met à disposition le simulateur officiel à l'adresse mission-transition-ecologique.beta.gouv.fr. Cet outil gratuit, sans inscription, estime en quelques minutes le montant cumulé des aides (CEE + MaPrimeRénov' + TVA réduite + éco-PTZ) en fonction du logement, des travaux envisagés et des revenus du foyer.
Le simulateur croise les fiches CEE en vigueur avec les barèmes MaPrimeRénov' actualisés. Il intègre également le zonage climatique (H1, H2, H3), qui module le volume de kWh cumac attribué à chaque opération standardisée. Le résultat constitue une base de négociation solide face aux offres commerciales des fournisseurs et délégataires.
Fiche pratique
| Travaux éligibles | Isolation (combles, murs, planchers), chauffage (PAC, biomasse, solaire), ventilation, menuiseries, rénovation globale |
| Montant indicatif (isolation combles perdus 100 m²) | 200 à 500 € de prime CEE, cumulable avec MaPrimeRénov' (7 €/m² barème 2025) et TVA 5,5 % |
| Condition impérative | Accord écrit du fournisseur ou délégataire AVANT toute signature de devis ou début de chantier |
| Professionnel exigé | Installateur titulaire du label RGE (Qualibat, Qualifelec, Qualit'EnR) |
| Délai de versement | 2 à 4 mois après validation du dossier complet |
| Simulateur officiel | mission-transition-ecologique.beta.gouv.fr |
| Difficulté administrative | Intermédiaire : la rigueur chronologique est le facteur clé de succès |
Sources
Les indications fournies sont générales. Avant des travaux engageant la sécurité ou les normes, sollicitez un artisan qualifié (RGE, Qualibat, électricien).
Vos questions sur les aides
Qu'est-ce qu'un certificat d'économie d'énergie (CEE) ?
Un certificat d'économie d'énergie (CEE) est un titre, attribué par l'État aux fournisseurs d'énergie, qui atteste d'une action d'efficacité énergétique réalisée chez un consommateur. Pour le particulier, il prend la forme d'une prime versée en échange de la réalisation de travaux éligibles : isolation, chauffage performant, ventilation : par un professionnel RGE. Le dispositif, créé par la loi POPE de 2005, est entré dans sa 5ᵉ période d'obligation (2022-2025), prolongée jusqu'au 31 décembre 2026.
Quel est le principe des Certificats d'économies d'énergie (CEE) ?
Le principe repose sur une obligation légale imposée aux fournisseurs d'énergie (électricité, gaz, carburants) : financer des actions d'économies d'énergie à hauteur d'un volume défini, proportionnel à leurs ventes. Chaque CEE correspond à 1 kWh cumac d'énergie économisée. Les obligés collectent ces certificats en incitant les consommateurs à réaliser des travaux, via une prime. S'ils n'atteignent pas leur quota, ils doivent acheter des CEE sur le marché : ou s'acquitter d'une pénalité financière dissuasive.
Quelles sont les nouvelles fiches CEE à partir de 2026 ?
La 5ᵉ période du dispositif CEE (2022-2025) a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026. Les fiches d'opérations standardisées en vigueur restent applicables durant cette prolongation, incluant les bonifications « Coup de pouce » pour l'isolation et le remplacement des chaudières fioul. La 6ᵉ période, qui couvrira les années 2027 et suivantes, n'avait pas encore été publiée à la date du présent guide (juillet 2026). Les travaux engagés en 2026 restent donc régis par les textes de la 5ᵉ période.
Quel est le CEE le plus intéressant ?
Il n'existe pas de réponse unique : le CEE le plus intéressant dépend du projet engagé. Pour une isolation des combles perdus, la fiche BAR-EN-101 avec bonification « Coup de pouce isolation » offre les primes les plus élevées rapportées au coût des travaux. Pour un remplacement de chaudière fioul, la bonification « Coup de pouce chauffage » (fiche BAR-TH-104 pour les PAC air/eau) maximise le gain. Le critère déterminant reste le volume de kWh cumac attribué à la fiche, croisé avec le taux de conversion en euros proposé par le fournisseur ou le délégataire.
Comment est versée la prime CEE ?
La prime CEE est versée sous forme de virement bancaire, de chèque ou de bon d'achat, selon les conditions de l'offre souscrite auprès du fournisseur d'énergie ou du délégataire. Le délai de versement est généralement de 2 à 4 mois après la transmission du dossier complet (facture acquittée, attestation sur l'honneur, certificat RGE de l'installateur). Certains délégataires proposent un versement accéléré sous 30 jours.
Les chaudières à gaz sont-elles éligibles aux CEE ?
Non, les chaudières gaz sont exclues du dispositif CEE depuis le 1ᵉʳ janvier 2022. Cette exclusion concerne toutes les chaudières gaz, y compris les modèles à condensation et les chaudières à très haute performance énergétique (THPE). En revanche, les pompes à chaleur hybrides (gaz + électricité) restent éligibles sous certaines conditions techniques définies par la fiche BAR-TH-159.
La prime CEE est-elle imposable ?
Les CEE ne sont pas imposables pour les particuliers : la prime perçue n'est pas considérée comme un revenu et n'a pas à être déclarée à l'administration fiscale. Pour les entreprises et les bailleurs, le traitement fiscal diffère : la prime est généralement comptabilisée en diminution du coût d'acquisition de l'immobilisation, ce qui réduit la base amortissable. Un avis comptable est recommandé au cas par cas.
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